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vendredi 17 août 2012

Repeat after me - Répète après moi

"Tout va bien aller."


C'est la phrase que j'ai tenté de me faire entrer dans la tête toute la journée de mercredi. La veille, en bonne fille impulsive que je suis, j'ai décidé de m'inscrire au 5km Endurance de Dollard-des-Ormeaux, parce que mon amie y allait, parce que les filles de Twitter y allaient et parce qu'on m'a dit que j'aurais du fun. J'y ai cru, là, c'est pour ça que j'ai décidé d'y aller. Sauf que je suis de nature nerveuse-sans-bon-sens et que j'ai été stressée au max toute la journée. 

J'arrive là, le ventre endolori par les crampes nerveuses, l'estomac à l'envers avec les papillons stressants qui viennent avec et je ne tiens plus en place. Je vais chercher mon dossard. Je rencontre Véronique, qui n'était pas sure, elle non plus, que c'était bien moi qui la regardait d'un drôle d'air. On parle un peu, l'angoisse descend d'au moins cinq étages, c'est bon signe. Je m'échauffe. Je me dirige vers la ligne de départ, avec mon amie et ses collègues. Là, juste là, j'ai les jambes comme du coton et je me demande vraiment comment je vais faire pour mettre un pied devant l'autre. Je me dis que j'ai juste à courir du mieux que je peux. 

Et puis là, c'est le départ, je sens mon coeur me lâcher, parce que c'est LÀ, maintenant, que ça se passe. La nervosité me tue après 200 mètres, je suis déjà essoufflée, mon coeur bat trop vite. J'essaie de tenir jusqu'au premier kilomètre. Pas de montre, ni de musique pour m'aider à tenir, je trouve ça extrêmement dur. Mon orgueil en prend un sacré coup, lorsque je vois un groupe de sexagénaires me dépasser comme si de rien n'était. A-yo-ye. Mon amie Anick part devant, je suis seule, maintenant. La chaleur m'achève et la station d'eau est à 2.5km, 2.5km qui n'arrivent pas assez vite à mon goût. Je feel tout croche, j'ai envie de pleurer, parce que je ne comprends pas pourquoi c'est si dur, puisque je l'ai déjà fait! La maudite crampe revient sans cesse, j'en ai assez, je viens de boire un peu d'eau et de m'asperger le dos avec le reste, on dirait que ça va un peu mieux. Le troisième kilomètre arrive, le calvaire recommence. J'avais franchement envie de me pousser et de ne pas finir, tellement je me sentais mal. Juste quand j'allais exploser, je croise Geneviève, qui avait déjà fini depuis un petit bout, et qui m'a accompagnée jusqu'à la toute fin. Ça a été une bénédiction, vraiment. Je me sentais seule et pas très bonne, en plus de me sentir étrangement mal. Oui, il faisait chaud, oui, c'était humide, mais j'avais déjà couru dans de pires conditions. Là, j'avais quelqu'un pour m'accompagner, et ça m'a redonné un peu de courage pour terminer la course. 

J'ai fini par me rendre à la ligne d'arrivée, et ce qui devait arriver arriva, j'ai triomphalement dégueulé ma collation devant Geneviève, en guise de remerciement et de gâchis de première impression. On en a ri, mon orgueil était quand même grandement ratatiné... Mais j'ai survécu. J'ai su plus tard dans la soirée que j'avais couru 5 km avec un début de gastro, à la chaleur et à l'humidité. Tout ça, avec un temps pas si loin de mon temps habituel. J'ai peut-être fini avant-avant dernière, je suis peut-être loin derrière dans ma catégorie d'âge, mais essayez de faire ça dans l'état de santé où j'étais et on s'en reparlera. J'ai brisé la glace et pas rien qu'à peu près. Amenez-en d'autres, j'suis prête.

Remerciements, comme aux Oscars :

Anick, pour avoir assez insisté pour me donner le goût de m'inscrire
Isabelle (C'est bien ça?) et Véronique, pour m'avoir évité un infarctus, en me calmant un peu les nerfs
Geneviève, pour m'avoir sauvé la vie
Sylvie pour être venue nous encourager (Yééé! J'ai pu te voir!)

L'expérience était juste plus chouette parce que vous étiez-là! Si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seconde. Même avec le vomi. ;)

lundi 23 juillet 2012

Comment se jinxer 101

Je suis le genre de fille qui ne court pas après le bus en gougounes, qui modère sa vitesse dans les escaliers et qui a compris qu'il y a toujours un métro qui va passer après celui que je vais manquer si je cours pas pour me garrocher dedans (Bon, ok, pas si c'est le dernier). Sauf que des fois, je me jinxe. J'me crois invincible, et je finis par me péter la gueule de manière pas chic du tout.

J'suis TELLEMENT bonne là-dedans, me jinxer. Tellement, que lorsque je décide, pour UNE fois, de monter les escaliers roulants parce que j'allais être en retard, je me pète la gueule solidement. Sérieusement, je ne me suis jamais blessée à ce point auparavant. Je me sentais FABULOUS, je revenais du gym, j'avais plein d'énergie et surtout, j'avais la capacité de les monter, les maudits escaliers. Et pis là, j'ai euh, comment dire, surestimé le coefficient de diminution de la marche, rendue en haut. J'ai pas levé la jambe assez haut et puis j'ai trébuché. Je suis tombée sur les genoux, avant que le bras gauche ne décide de me lâcher et me fasse lourdement tomber sur le côté, comme une éléphante qui s'écrase. Rendue-là, j'avais les genoux en sang et l'orgueil ben bas... Mon coude gauche était aussi hors d'usage et un hématome multicolore était en cours de formation sur mon bras droit. Chic.

En plus d'avoir eu à endurer un paquet de jokes pas drôles de femme battue, j'ai eu à clopiner jusque chez mon chiro, un mardi matin, avec un genou qui refusait de déplier (le salaud) et un coude enflé. Que du bonheur. fait que je rentre là, pour me faire dire de prendre ça chill pendant une semaine et de me tenir sage comme une image. Une image, ça court pas. Ça veut dire que je suis clouée à mon sofa, ça, hein? Ouais, c'est ce que ça veut dire. Mais c'est pas tout! On arrive au coude, là, le coude enflé qui fait mal même quand j'y touche pas. Il se trouve que j'avais déjà une tendinite là avant de tomber et que j'ai probablement empiré mon cas lors de ma chute. Fait que BAM! congé forcé de gym pour 3 semaines. Pas le droit de rien soulever. Iiiiiih, ça va être le fun.

Tout ça pour dire que je trouve le temps long. Si j'avais été sage comme j'en ai l'habitude, je ne me serais pas fait mal et je pourrais aller faire du sport. Mais non. alors je vais passer mes vacances à écrire, à faire du crochet avec ma main valide et à pester contre ma jambe qui élance. Bra-vo.


mardi 3 juillet 2012

Désespérances et normalité

C'est peut-être moi qui ne travaille pas assez fort, ou c'est peut-être mon coeur qui n'est pas assez robuste, mais après sept mois d'entraînement, je ne réussis toujours pas à courir 5km à une vitesse acceptable. Non, je corrige : Je ne réussis même pas à courir 5km. À part la déception et le désespoir, je me suis demandé si c'était normal. On voit régulièrement des gens réussir un programme genre Couch-to-5k en moins de deux mois, alors sept mois sans réussir, c'est... bizarre. Non seulement la distance n'augmente pas, mais la vitesse est de pire en pire. Je cours aussi lentement que je marche! 

Je ne comprends pas ce qu'il se passe. J'ai beau me dire qu'au moins, je prends mon temps, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que je ne suis peut-être pas normale. Je ne suis peut-être pas faite pour faire de la course, ou bien devenir une athlète. Je suis peut-être juste faite pour être en mesure de pratiquer un sport sans nécessairement devenir bonne ou avoir beaucoup d'endurance. Je suis peut-être celle qui, malgré ma capacité de courir, serait la première piétinée par un mammouth lors d'une partie de chasse préhistorique, parce que la sélection naturelle en aura décidé ainsi.

Je continue malgré tout, mais le 23 septembre arrive à grands pas et je ne pense pas être prête à temps pour la course. Au rythme où ça évolue (en fait, ça n'évolue pas du tout...), ça risque fort bien d'être un échec et ça, ça me fait peur. J'ai travaillé tellement fort depuis le mois de décembre, pour arriver à courir, que je ne pardonnerais pas à mon corps de m'avoir trahie de cette manière.

J'en ai parlé à mon copain, qui lui me dit qu'il a entièrement confiance en moi et qu'il me croit capable de réussir. J'aimerais vraiment y croire, sauf que pour le moment, je doute plus qu'autre chose. Il est optimiste, il m'encourage, mais de mon côté, je viens de frapper un mur. Je ne comprends pas, je trouve ça injuste et je ne sais pas du tout comment obliger mon corps à coopérer. C'est beau, l'optimisme, mais je n'y arrive plus. Je n'ai pas envie d'abandonner, j'ai envie de relever le défi, j'ai envie de me dépasser, sauf qu'on dirait que mon enveloppe physique me nargue, qu'elle me dit "NANANANA! Tu réussiras pas, parce que MOI, j'ai décidé que tu serais pas bonne! NANANANA!".


Bon sang que c'est frustrant.